Ce foutu régime a duré des mois ; je suis passé par toutes les méthodes - dissocié, protéiné, méditerranéen, j'en passe et des meilleures - et tous les stades, mais y suis parvenu. Bon, d'accord, il a fallu repartir de zéro, faire tabula rasa de toutes ces soi-disant méchantes habitudes alimentaires, aimer le légume, faire à mon grand dam une croix définitive sur le tarama-blinis, manger-bouger et me calmer sur les dîners téracaloriques évidemment trop arrosés, mais j'ai survécu.

Soit, me direz-vous. Une fois que la perte de poids est avérée, bien réelle, le cauchemar n'est pour autant pas terminé, car un régime ne s'abandonne pas comme ça, du jour au lendemain, les kilos ne demandant qu'à revenir et les bonnes occasions pour se lâcher étant décidément trop nombreuses : sous peine de faire le yoyo à la Elvis avec sa santé, en enchaînant les périodes d'abondance suivies de régimes draconiens, et donc de la mettre en péril, il est impératif de conserver les bons réflexes que vous vous étiez imposés, alors même que, famélique, vous vous preniez à rêver, persuadé que cette plaisanterie ne pouvait pas durer, de la prochaine côte de boeuf bien persillée que vous alliez bientôt pouvoir déguster. C'est là que le bât blesse : il faut s'y résoudre, l'effort à fournir pendant un régime est déjà un véritable pensum ; cela ne suffit pas, le penser équilibré ne doit plus vous quitter, même après ces longues semaines de vache maigre !

Le régime pour un homme est une vraie calamité et la gastronomie, en tout état de cause, fera toujours partie de nos gènes masculins ; je pense qu'il était devenu urgent, voire de salut public, de proposer un espace de partage comme ce site où nous pouvons, nous aussi, les hommes, nous exprimer sur ce sujet si pénible...